Un siècle de cinéma au Princess
Un texte de Catherine Chagnon
Paru dans le numéro Printemps/Spring 2026
Publié le : 12 mars 2026
Dernière mise à jour : 12 mars 2026
En 2026, le Cinéma Princess de Cowansville célèbre son centenaire, toujours fidèle à son rôle d’exploitant de salle indépendante.
Nous vivons une période trouble et pleine d’incertitudes. Pour trouver un peu de réconfort et nourrir un vivre-ensemble plus harmonieux, quoi de mieux que de se replonger dans les films cultes de notre enfance ? En 2026, le Cinéma Princess de Cowansville célèbre son centenaire, toujours fidèle à son rôle d’exploitant de salle indépendante au service d’un cinéma autre qui attire les francophones et les anglophones.
Plusieurs propriétaires
De 1926 à 1949, le « Moving Picture Theater » (identifié en 1930 par Princess Theater) occupe le premier étage de l’hôtel de ville de Cowansville. En janvier 1949, Carl et Daisy Bruck le déménage à son emplacement actuel et l’inaugure. Le contrôle américain du marché de la distribution au Québec remonte pratiquement aux origines du cinéma. Le circuit indépendant instauré par le copropriétaire Léo Choquette est actif exclusivement en région, en dehors des grandes villes où les chaînes liées aux producteurs et distributeurs américains sont prospères.
Depuis 1980, le Cinéma Princess de Cowansville a changé plusieurs fois de mains. En 2008, Yvan Fontaine — déjà propriétaire du cinéma Cartier à Québec — en fait l’acquisition. La façade est rénovée, la technologie est mise à niveau et trois salles sont ajoutées. On propose alors une programmation axée sur des documentaires, avec des rencontres d’auteurs. Depuis 2022, l’exploitation des salles est assurée conjointement par François Pradella, propriétaire du cinéma Magog.
Une programmation bilingue
Fidèle à ses origines, le Cinéma Princess diffuse, en alternance, des programmes en français et en anglais. Le contexte force cependant l’entreprise à privilégier le cinéma américain. Le partenariat entre les salles et les distributeurs n’est pas toujours favorisé. Mais lorsque la synchronicité opère, le public peut bénéficier de séances en présence d’artistes, ce qui permet d’augmenter l’affluence et de ne pas dépendre uniquement des ventes de maïs soufflé pour ajouter aux recettes de la billetterie. Le producteur cède le contrôle de l’exploitation de ses films aux distributeurs. Ces derniers sont eux-mêmes dépendants des choix opérés par les grands groupes d’exploitants de salles. Malgré ce contrôle, qui comprend l’imposition de cases horaires et l’appropriation d’un pourcentage de recettes qui n’est pas équitable, le cinéma américain ne remplit pas les salles.
Le Cinéma Princess se trouve à la croisée des chemins, relate François Pradella. Il lui faudra réinventer son modèle d’affaires pour permettre un meilleur accès à un cinéma riche auquel le public peut s’identifier, et ce, toujours dans les deux langues, pour le bonheur des communautés de notre région. Traverser une centaine d’années, c’est un exploit. Un monde de possibilités s’offre maintenant à l’entreprise, au-delà de la nostalgie et des films primés, dont le meilleur du cinéma québécois et des Premières Nations, des courts-métrages, et plus encore. Reverra-t-on sur grand écran La Mélodie du bonheur (1965) dans sa version originale ou encore E.T., l’extra-terrestre (1981) ? On peut y rêver, car le Cinéma Princess garde en vie ces classiques, et il continuera certainement de le faire.
Restez à l’écoute, notre cinéma régional dévoilera bientôt de plus amples renseignements quant à ses célébrations. Vous pouvez aussi consulter sa programmation sur www.cinemaprincess.ca.
Catherine Chagnon
Cinéma Princess – 141, rue Principale, Cowansville


