Pénurie de logement… chez les oiseaux
Un texte de Club des ornithologues de Brome-Missisquoi
Paru dans le numéro Printemps/Spring 2026
Publié le : 13 mars 2026
Dernière mise à jour : 13 mars 2026
Le printemps est à nos portes. C’est le moment de penser à installer des nichoirs. Les oiseaux arrivant généralement entre mars et mai, il est donc encore temps d’en acheter, mais aussi d’en recycler ou d’en construire. Quels oiseaux sont susceptibles d’occuper ces petits logements généreusement offerts ? Il s’agit principalement d’oiseaux cavicoles, comme la Mésange…

Le printemps est à nos portes. C’est le moment de penser à installer des nichoirs. Les oiseaux arrivant généralement entre mars et mai, il est donc encore temps d’en acheter, mais aussi d’en recycler ou d’en construire.
Quels oiseaux sont susceptibles d’occuper ces petits logements généreusement offerts ? Il s’agit principalement d’oiseaux cavicoles, comme la Mésange à tête noire, l’Hirondelle bicolore, et bien d’autres. À l’état naturel, ces espèces nichent dans des cavités — naturelles ou creusées par des pics — qui se font de plus en plus rares.
Comme chez l’humain, les oiseaux ont eux aussi une hiérarchie de besoins. Avant même de choisir un nichoir, ils doivent trouver un milieu qui leur offre de la nourriture, de l’eau, un abri adéquat et la sécurité. L’oiseau sélectionnera un nichoir qui reproduit le mieux possible ses conditions naturelles de nidification.
L’habitat
Votre environnement offre-t-il accès à un couvert arbustif, à un plan d’eau, à des sources de nourriture ? Habitez-vous un désert trophique, c’est-à-dire un paysage écologiquement stérile ? Un nichoir installé dans un milieu inadéquat risque de rester inoccupé.
Choisir son nichoir
On trouve sur le marché de nombreuses « cabanes à oiseaux » décoratives, souvent fragiles, fabriquées avec des matériaux inadéquats et aux dimensions incorrectes. Elles conviennent rarement aux oiseaux d’ici et résistent mal aux hivers québécois.
À l’inverse, le nichoir standard convient à de nombreuses espèces. De forme rectangulaire et profonde, il possède une entrée ronde dont le diamètre varie selon l’espèce ciblée. Installé à la bonne hauteur, il contribue à limiter la prédation. Il existe aussi des nichoirs spécialisés pour les canards cavicoles, les rapaces, les Merlebleus (nichoirs Peterson).
Normes de la « Régie du bâtiment aviaire »
On privilégiera des matériaux durables : bois naturel non traité et peinture à l’eau sans émanations toxiques. Le métal, le bois stratifié ou le contreplaqué sont à éviter. Les dimensions du nichoir et de l’entrée doivent être adaptées à l’espèce visée. Des informations fiables sont disponibles, notamment sur le site du Cornell Lab of Ornithology.

Photos fournies par l’autrice
Lors de la construction d’un nichoir, il est essentiel de tenir compte du diamètre de l’entrée (trou d’envol), de sa hauteur par rapport au plancher, ainsi que des dimensions des parois et du plancher. Pour assurer un nichoir sain et durable, le toit doit limiter l’infiltration d’eau, le plancher, comporter des trous de drainage, et une ventilation adéquate doit être prévue. Un panneau d’entretien à accès facile est également indispensable pour le nettoyage annuel. Enfin, il est important de réduire les risques de prédation en ajoutant un anneau anti-prédateur autour de l’entrée.
Lorsque l’environnement s’y prête, il est souhaitable de favoriser la nidification d’une espèce à statut précaire, mais un nichoir occupé par un parent nourrissant ses petits demeure toujours utile… et toujours un ravissement.
Suzanne Pellerin, présidente du Club des ornithologues de Brome-Missisquoi (COBM)
Expo-photos | Brome-Missisquoi : Entre ciel et plumes
Du 18 février au 27 mars
Le COBM présente une exposition de photos d’oiseaux de la région, réunissant des images primées de son concours de photos et des œuvres de photographes de l’Info-Oiseaux. Une invitation à découvrir la beauté et la fragilité de notre avifaune à la Bibliothèque de Cowansville.
Bibliothèque Gabrielle-Giroux-Bertrand – 608, rue du Sud, Cowansville

