C’est arrivé près de chez vous

Un texte de Catherine Chagnon

Paru dans le numéro

Publié le : 21 août 2026

Dernière mise à jour : 21 août 2026

 

Dans la dernière décennie, plusieurs producteurs d'ici et d'ailleurs sont venus faire leur cinéma dans Brome-Missisquoi.

Sutton et ses environs sont prisés pour leurs paysages pittoresques, leurs vignobles et la chaîne de montagnes des Appalaches. Le Mont Sutton sert souvent de décor à des émissions en plein air, sportives, touristiques ou culturelles, comme l’émission Les planches aux pieds (Historia, 2013) et le magazine Sucré Givré (TVA, 2026), animé par Jean-Philippe Dion. La station Au Diable Vert accueille quant à elle la compétition Épique (Télé-Québec, 2026). Voici par ailleurs quelques tournages qui se sont déroulés dans notre région.

Émissions, séries et films

Un jardin Édith Cochrane
Édith Cochrane dans C’est plus qu’un jardin. Photo fournie

Le cinéaste Guy Édoin a tourné dans son village natal de Saint-Armand les films Marécages (2011) et Frontières (2023). Tous les deux avaient Pascale Bussières dans le rôle principal. Le cadre des deux longs métrages est sa propre ferme ancestrale. Cette dernière se retrouve au milieu d’une forte sécheresse et sera même hantée.

Dans la même veine, c’est dans la région de Sutton que le film américain Oppression (2016), avec Naomi Watts, a été tourné. Ce film à suspense raconte l’histoire d’une femme ayant quitté la ville pour la campagne. Après une tempête de neige, elle s’enferme dans sa maison avec son fils handicapé.

La série L’Heure bleue (TVA, 2017-2021) a quant à elle été tournée en partie à Cowansville. On y retrouve divers endroits reconnaissables de la ville, comme le pont couvert, le Centre de la nature, la plage municipale et l’hôtel de ville.

L’émission La vraie nature (TVA, 2017-2024), animée et produite par Jean‑Philippe Dion, met en valeur un chalet de style scandinave situé en bordure du chemin Muir, à Sutton.

Même un clip!

Xavier Dolan a réalisé le clip d’Adele intitulé Hello (2015) dans la ville de Dunham. Beaucoup d’images d’Easy on Me (2021) viennent quant à elles du Château Ste-Agnès, à Sutton. Certaines scènes ont aussi été filmées sur le chemin Jordan.

C’est également à Saint-Armand que la série Three Pines (2022), inspirée des romans de l’auteure Louise Penny et de son village de Knowlton, a installé ses décors. Coco ferme (2023), le conte pour tous du scénariste et producteur Dominic James, a été tourné « à la maison », dans une ferme du chemin Macey à Sutton. L’année suivante, le thriller pour la salle Lucy Grizzli Sophie (2024) d’Anne Émond a principalement été tourné à Bolton-Est.

Karine et La maison jaune. Photo fournie
Karine Vanasse et la maison jaune. Photo fournie

Diffusée sur Unis TV, C’est plus qu’un jardin (TV5 Unis, 2021-2024) est une série documentaire sur le jardinage et les joies de l’autosuffisance. Au cours de la quatrième saison intitulée « Élargir ses horizons », Jérémie Postel, producteur de miel à Sutton, présente à Édith Cochrane et à son conjoint Emmanuel Bilodeau sa méthode pour gérer un environnement naturel. 

Dans la dernière année…

Plus récemment, le tournage de l’émission Piano public (Télé-Québec, 2025), avec Grégory Charles, s’est déroulé à l’École d’art de Sutton. Serge-André Jones, de Sutton, y a interprété l’une de ses compositions pour piano classique et Amélie Provost, de Frelighsburg, a été finaliste de la compétition de piano télévisée.

Dans la série documentaire Karine et la maison jaune (Crave, 2025), on découvre une propriété ancestrale de Brome-Missisquoi achetée et rénovée par l’actrice Karine Vanasse. Plusieurs entrepreneurs, artisans et créateurs locaux gravitent autour de ce lieu chaleureux. Ils y mettent en valeur leur talent et leur expertise dans les domaines de la décoration, de l’architecture, du paysagisme et de l’artisanat. L’entraide et la passion qui caractérisent tant notre région sont alors pleinement mises à contribution. Cette série inspirante nous montre à l’œuvre une femme ouverte d’esprit qui s’intègre et qui contribue à la communauté. L’enrichissement est mutuel et reflète la créativité de notre cadre de vie, ainsi valorisé.

audiovisuel cinéma Catherine Chagnon
Charles-Antoine Crête dans Un chef en terre inconnue. Photo fournie

Dans la série documentaire Un chef en terre inconnue (TV5 Unis, 2026), le Mirabellois d’origine Charles-Antoine Crête, chef du Montréal Plaza et du Juliette Plaza, troque temporairement ses fourneaux pour un chalet-laboratoire autosuffisant de type géonef. Érigé à Abercorn, il s’agit d’un véritable vaisseau spatial architectural : bassin naturel, foyer de masse, panneaux solaires, rallonge isolée en pneus, cuisine extérieure, etc. Avec son complice de longue date Sébastien Deraspe, un tracteur et leur voisin, les projets écologiques se concrétisent. L’enthousiasme est à son comble lorsqu’il s’agit de sortir des grands centres urbains.

Les retombées économiques de ces productions sont bien réelles. Selon les données répertoriées par Le BEAM (Bureau estrien du cinéma et de la télévision), il s’agit de dépenses en hébergement, en nourriture, en location de lieux de tournage et d’équipements, ainsi qu’en main-d’œuvre. Certains y voient une occasion de visibilité, tandis que d’autres dénoncent leur empreinte sur le milieu et l’achalandage qu’elles génèrent.

Catherine Chagnon