L’artiste Peter Raymond

Un texte de Sylvie Lacerte

Paru dans le numéro

Publié le : 29 mai 2026

Dernière mise à jour : 29 mai 2026

 

Le paysage est le sujet de prédilection de Peter Raymond et sa technique s’insère dans une peinture rythmée entre abstraction et figuration.

Peter Raymond
West Slope, 2007, huile sur panneau, 92 x 107 cm

Le paysage est le sujet de prédilection de Peter Raymond, depuis tout jeune. Cette année marquera sa cinquième participation au Tour des Arts. Fort de ses formations en arts visuels à l’Université Concordia, à la Mount Allison University, au Nouveau-Brunswick et à l’Instituto Naçional de Bellas Artes au Mexique, Peter Raymond a complété des études de premier et de deuxième cycles à l’Université McGill en Enseignement des arts. À l’issue de ces études, Raymond s’est voué à l’enseignement des arts. Il a enseigé pendant plusieurs années à l’école secondaire anglophone Massey-Vanier à Cowansville, ainsi qu’à Montréal, période au cours de laquelle il n’a jamais cessé de peindre.

Les peintres de paysages du début du 20e siècle

Après son établissement dans les Cantons-de-l’Est, la peinture est devenue l’activité principale de l’artiste. C’est une passion qui ne s’est jamais démentie. On peut constater dans son travail une certaine filiation avec les peintres de paysage des débuts du 20e siècle. On pense à Clarence Gagnon peintre qui s’était établi à Charlevoix, mais également à A.Y Jackson et Arthur Lismer du Groupe des Sept. 

Peter Raymond
Athabaska #5, 2017, huile sur panneau de bois, 57 x 46 cm

Il faut savoir que le Color Field Painting Movement, apparu dans les années 1940 et 1950 aux États-Unis et au Canada, en réaction à l’Action Painting, a fortement inspiré Peter Raymond. C’est un style identifiable à ses étendues de couleurs vibrantes en aplat, éliminant tout effet de profondeur et de perspective. Certains des artistes ayant adopté cette manière étaient surtout des peintres abstraits, comme l’américain Sam Francis et le Canadien Jack Bush. Tandis que d’autres, plus tard, ont adopté une facture formelle oscillant entre la figuration et l’abstraction, dont le peintre américain Richard Diebenkorn. 

Entre abstraction et figuration

La manière de Peter Raymond s’insère dans une peinture rythmée entre abstraction et figuration. À titre d’exemple, dans la série Perspectives aériennes, la majeure partie des tableaux fut tirée de vues de Google Earth. On y reconnait des terres agricoles traversées de cours d’eau en méandres, dans un réseau de formes géométriques adoptant les couleurs des saisons ou celles imaginées par l’artiste. Les œuvres Dubuque, Iowa in Green, Manicouagan, Tar Island nous indiquent clairement que la photo d’origine qui les inspire n’a pu être captée que par un satellite.

Perspective et lumière

Dans la suite Paysages, les images de départ prises à vol d’oiseau à l’aide d’un drone nous apparaissent comme se situant dans une échelle à « hauteur d’homme ». L’observateur le saisit bien que la manière peinte est plus naturaliste et les panoramas, plus rapprochés. La peinture, appliquée de façon modulée, et les effets de perspective combinés aux jeux d’ombre et de lumière accentuent la sensation de profondeur et des volumes des paysages. D’ailleurs plusieurs évoquent, pour notre plus grand bonheur, des sites des Cantons-de-l’Est.

Peter Raymond
Missisquoi #3, 2024, huile sur panneau de bois, 46 x 56 cm

Dernièrement, Raymond a entamé une série de peintures numériques. La tablette électronique est devenu pour lui un nouvel outil/pinceau pour réaliser ses paysages. Pour voir ses œuvres, passez à son atelier durant le Tour des Arts cet été ou visitez www.peterraymond.ca.

Sylvie Lacerte