Association pour électrosensibles

Un texte de Hélène Vadeboncoeur

Paru dans le numéro

L’association québécoise d’électrosensibles : une idée ayant germé à Sutton ! À la fin de l’année 2015, des dizaines de personnes venues d’un peu partout se réunissaient à la sacristie de l’église St-André à Sutton. Conviées principalement par quelques Suttonnaises et Suttonnais électrosensibles, elles l’étaient aussi, pour la plupart. Électroquoi ? Eh bien, chez certains, les champs électromagnétiques, en…

L’association québécoise d’électrosensibles : une idée ayant germé à Sutton !

À la fin de l’année 2015, des dizaines de personnes venues d’un peu partout se réunissaient à la sacristie de l’église St-André à Sutton. Conviées principalement par quelques Suttonnaises et Suttonnais électrosensibles, elles l’étaient aussi, pour la plupart. Électroquoi ? Eh bien, chez certains, les champs électromagnétiques, en particulier les radiations émises par les équipements de technologie sans fil, provoquent des problèmes de santé souvent très handicapants : maux de tête, insomnie, palpitations cardiaques, vertiges, étourdissements, difficultés de concentration, démangeaisons, etc. Ceux-ci apparaissent à la suite d’une exposition à des ondes électromagnétiques et disparaissent graduellement lorsqu’il n’y a plus d’exposition. On l’ignore souvent, mais dès les années 60, des études scientifiques ont révélé l’existence de ce qui fut appelé la « maladie des ondes », causée alors par les radars.

Cette première réunion d’électrosensibles à Sutton fut un baume pour moi et l’assistance. On y rencontrait, dans certains cas pour la première fois, des gens qui vivaient la même chose que nous ! L’assemblée statua sur l’urgence de créer des zones libres d’ondes de technologie sans fil, ainsi qu’une association d’électrosensibles. Le 18 juin dernier, dans les Laurentides, le Rassemblement ÉlectroSensibilité Québec (RESQ), un OBNL, fut fondé.

Depuis, le nombre de membres ne cesse d’augmenter. Ceux-ci proviennent de tous les milieux et de partout au Québec. Si la plupart ont entre 40 et 70 ans, certains sont dans la trentaine ou la vingtaine, et d’autres ont des enfants électrosensibles, malades depuis l’arrivée du Wi-Fi à l’école. En fait, l’électrosensibilité entraîne beaucoup de difficultés, puisque les autorités en santé publique ne reconnaissent pas la condition. Alors qu’en Ontario et en Nouvelle-Écosse, des cliniques de santé environnementale le font et que des médecins posent un diagnostic, au Québec, très peu de médecins se préoccupent des électrosensibles.

En plus d’avoir divers symptômes, les électrosensibles rencontrent des difficultés de logement et de travail reliées à l’omniprésence des ondes. Vous me direz qu’à la campagne, c’est moins difficile qu’en ville. Pas nécessairement, puisque les tours de téléphonie cellulaire y sont souvent plus puissantes. Le RESQ croit que pour la technologie sans fil, on devrait utiliser ce qui est le moins nocif. Par exemple, pour la couverture Internet, le service de télévision et autres, on devrait privilégier la fibre optique. Des municipalités comme Saint-Armand ont déjà signifié leur intention d’y avoir recours et la MRC Brome-Missisquoi y serait favorable. Vous pouvez d’ailleurs manifester votre appui à l’utilisation de la fibre optique à votre municipalité ou à votre MRC[i] ! La fibre optique est une technologie fiable, plus sécuritaire pour les données et plus durable et elle protège la santé en n’exposant pas inutilement les êtres vivants et l’environnement à des émissions de radiofréquences transmises par des équipements sans fil comme les antennes ou les satellites. Et, facteur non négligeable, elle coûte bien moins cher aux utilisateurs. Bref, le RESQ n’est pas contre la technologie sans fil, mais plutôt contre l’utilisation d’équipement dont l’impact sur la santé n’a pas été prouvé hors de tout doute !

Pour plus d’informations sur le sujet, consultez : https://electrosensibilitequebec.wordpress.com

[i] Entre le 16 janvier et le 13 mars 2017, nos gouvernements reçoivent les demandes des régions mal desservies et vont en aider financièrement à assurer une meilleure couverture Internet haute vitesse.

Hélène Vadeboncoeur est chercheuse dans le domaine de la santé et présidente du RESQ