Habiter la campagne?

 

[HIVER 2015]

Par Patricia Lefebvre

Quel rapport peut-il y avoir à Sutton entre la petite maison jaune du 12, rue principale, le Forum citoyen, le jardin communautaire, les règlements d’urbanisme aux noms ésotériques de PIIA ou PPCMOI, le lotissement en grappe du haut du chemin Old Notch, un projet en suspens d’écohabitations abordables et la banque de terres agricoles de Brome-Missisquoi? Un petit organisme citoyen avec un nom si long à prononcer qu’il n’est connu que par ses acronymes : GRAPP de 2004 à 2012 et GRAAP depuis cette date.

L’organisme a été successivement impliqué dans la protection des paysages, la promotion du zonage et du lotissement écologique, la participation citoyenne au plan et aux règlements d’urbanisme de Sutton, la recherche d’un mode de gestion efficace des déchets organiques, puis dans la mise sur pied et la gestion de la banque de terres agricoles de Brome-Missisquoi. Durant les années suivantes, ce petit groupe de citoyens engagés est devenu une référence provinciale en matière d’aménagement du territoire rural. Mais les milliers d’heures passées à déchiffrer et à proposer des règlements d’urbanisme aussi importants que rébarbatifs, puis à bâtir d’improbables alliances entre la relève agricole et les propriétaires fonciers de terres abandonnées ont été lourdes à porter. En janvier dernier, après avoir remis entre les mains de la MRC de Brome-Missisquoi un projet de banque de terres qui avait pris une ampleur provinciale, le GRAAP s’est donné un an de pause pour décider de son avenir.

« Habiter la campagne sans la détruire », demeure un enjeu d’actualité. Après avoir résumé sa démarche sous ce titre en 2010, le GRAAP demeure un des rares groupes citoyens qui aborde la question.

Habiter la campagne, c’est pouvoir s’y loger, mais aussi (et surtout) y vivre, y élever ses enfants, y grandir, y vieillir. En composant, dans notre belle région, avec une villégiature qui vient brouiller les cartes de l’accès à l’habitation et aux terres agricoles. Détruire la campagne, c’est dégrader ses écosystèmes, perturber ses habitats, bouleverser son tissu social, déstabiliser son économie et mutiler ses paysages, en anéantissant l’esprit du lieu à force de « mise en valeur » mal à propos.

Pour réaliser la première partie de la proposition sans provoquer la seconde, la matière à réflexion ne manque pas, et les possibilités d’action collective non plus; de la gestion participative des affaires municipales au développement de projets d’agroforesterie ou d’habitation adaptés à notre réalité particulière, il y a place à l’imagination et à la construction. Dans ce domaine, le GRAAP a une belle feuille de route et une excellente crédibilité, en plus d’un (petit) bas de laine permettant de semer quelques nouvelles graines. Mais rien ne se fera sans relève ou sans passer le flambeau. Alors, pour dire un gros merci à tous ceux et celles qui se sont impliqués depuis les débuts de l’aventure, pour faire le bilan de ce qui s’est réalisé en onze ans et pour vérifier s’il y a une relève ou pas, le GRAAP invite tous les intéressés à venir partager une bière locale à la Brouërie, le 20 janvier prochain, de 17h à 19h.

Patricia Lefèvre, pour le Groupe de réflexion et d’action sur l’agriculture et le paysage (GRAAP)

GRAAP, groupe citoyen : Comment habiter la campagne sans la détruire

Vie & Communauté

Habiter la campagne?

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