MC Baldassari : du design industriel à la murale

 

Muralité par MC Baldassari
[ÉTÉ 2017]

Par Olivia Enns

 

Marie-Clémentine Baldassari, alias MC, est résidente de Sutton à temps partiel et fréquente assidûment les pentes de ski. Elle s’attable souvent à la pizzéria du coin, le Tartinizza, où ses œuvres sont accrochées. La plupart mettent de l’avant des animaux, des fleurs ou des sujets féminins aux grands yeux et aux cheveux en désordre.

Tous les jours, MC explore le monde de l’imaginaire en puisant aux sources d’un style urbain et contemporain. S’apparentant à la bande dessinée, son travail est virtuellement sans limites, le mouvement et l’énergie qui s’en dégagent battant de leurs propres ailes.

Née dans le sud-est de la France, MC étudie le design industriel à Avignon et à Toulon avant de se retrouver en 2007, par pur hasard, à l’Université de Montréal. Diplôme en main, elle reconnaît ne pas aimer le côté technique du design industriel. « J’ai toujours été plus intriguée par le dessin et par le côté purement créatif de ma formation. Depuis, j’ai obtenu de nombreux contrats et réalisé qu’on peut vivre de son art à 100 %. » Voilà sept ans que l’artiste travaille à son compte. « On peut dire que je suis tombée en amour avec mon travail », confie-t-elle.

Cela dit, le métier d’illustratrice comporte maints écueils. « Les gens ont souvent de la misère à comprendre le côté professionnel de mon travail, les enjeux auxquels il faut faire face, dont le temps et les ressources requises. » précise Marie-Clémentine.

Dans mon jardin de MC Baldassari

 

Ces jours-ci, on peut dire que ses œuvres font le pont entre l’art traditionnel et le design industriel. Bien qu’elle parte du dessin, l’artiste aime employer divers outils numériques. « J’ai maintenant une préférence pour le iPad », dit-elle. « C’est un gros avantage au niveau du temps et les options de Photoshop sont infinies. Mais le papier et le crayon restent mes médiums favoris pour leur authenticité, leur naturel. » Armée d’une bonne dose de savoir-faire technologique (caractéristique qui semble régner chez les nouvelles générations), MC prône le pur et dur. Ainsi, les fonds monochromes de ses dessins font ressortir les lignes simples et assurées et mettent en évidence une certaine économie d’information, voire de couleurs. Une démarche incontestablement rafraîchissante.

Marie-Clémentine n’a pas peur d’enchaîner les contrats. Ces derniers temps, elle participe à plusieurs projets muraux mis sur pied par En Masse, une collaboration d’artistes montréalais, et Under Pressure, un rassemblement artistique engagé à souligner la culture urbaine. « Ces deux organismes m’ont introduite au monde de la murale », déclare MC.

Or, les murales, c’est autre chose ! Nombreux sont les défis à relever. La superficie à recouvrir est beaucoup plus vaste et peindre à la verticale ne va pas nécessairement de soi. Malgré tout, MC s’est rendue récemment à St-Hyacinthe pour contribuer au volet pédagogique du mouvement En Masse Pour Les Masses. Le but est de renforcer les liens au sein des collectivités par la création conjointe de murales en blanc et noir.

Marie-Clémentine Baldassari à l’oeuvre

 

Selon Marie-Clémentine, l’ouverture aux arts visuels et aux murales en particulier se fait petit à petit. « L’art mural fait son émergence, sans aucun doute », affirme-t-elle. « Cette pratique relie le graffiti street art et les beaux-arts des musées. De plus, les gens apprécient les murales, maintenant que le processus est à la fois légal et commandité. »

Le prochain projet de MC ? Il se réalisera à Sutton, en collaboration avec Anne-Marie Lavigne, directrice de la toute nouvelle École d’art du village. En effet, Marie-Clémentine va peindre une murale dans la cafétéria de l’École de Sutton. « Les élèves participent à une séance de brainstorming tous les vendredis pour partager leurs idées », explique Anne-Marie Lavigne. « Notre thème, très actuel, traite de la paix. » Marie-Clémentine affinera les esquisses des enfants, puis appliquera sur le mur le design qui aura reçu le plus de votes des élèves. « Le défi est grand », reconnaît Anne-Marie Lavigne, car entre autres, il faut contourner de nombreux objets fonctionnels qui ne s’intègrent pas facilement à l’ensemble.

La murale de l’École de Sutton sera dévoilée à un vernissage le 18 mai prochain. Les élèves ont prévu un bar à jus pour souligner l’évènement. Pour de plus amples informations sur l’artiste, visitez mcbaldassari.com.

MC Baldassari, du design industriel à l'illustration et la murale

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