Alchimie d’alchémille

Un texte de Annie Rouleau

Paru dans le numéro

Publié le : 27 mai 2026

Dernière mise à jour : 31 mai 2026

 

L’alchémille est un des grands toniques de toute la région pelvienne, de tous les tissus de soutien, des muqueuses et membranes.

Alchemille
Photo : Adobe Stock/Konstanze Gruber

Al chemeia est la combinaison du terme grec traduit par chimie et de l’article arabe al, donc alchimie. Cette discipline remonte à l’Égypte du 1er siècle. Elle fut ensuite reprise par les intellectuels arabes au 8e siècle pour s’étendre sur l’Europe au milieu du moyen-âge lorsque les textes anciens, rédigés en grec, furent traduits en latin. Les alchimistes d’alors chérissaient la plante du jour pour sa capacité à préserver les perles de rosée bien après leur évaporation normale. Je vous présente l’alchémille, Alchemilla vulgaris.

L’alchémille est assez populaire dans les jardins ornementaux. Ses jolies feuilles veloutées sont en forme de coupe, ou de mante aux multiples godets et au contour denté. Ainsi, ses noms communs parlent de la forme de ses feuilles, dont manteau de Notre-Dame, ou Lady’s Mantle. Ses fleurs sont toutes petites, vert-jaune, au bout de leurs longues tiges qui s’étalent sous leur poids.

Je suis surprise de n’avoir pas encore parlé de cette plante, je l’affectionne pourtant particulièrement. Elle entre presque toujours dans mes mélanges destinés aux troubles du système reproducteur. C’est son principal système de prédilection. L’alchémille est un des grands toniques de toute la région pelvienne, de tous les tissus de soutien, des muqueuses et membranes. La plante est astringente et grâce à cette propriété, elle est idéale en cas de saignements trop abondants et de règles trop douloureuses, ou à la suite d’un accouchement ou une fausse-couche pour redonner du tonus aux tissus, aussi pour prévenir la ptose utérine ou intestinale. La forme de ses feuilles ressemble, outre les comparaisons précédentes, à une main ouverte offrant un puissant support. L’alchémille est une plante de femme, de protection, de tonus.

Par cette action astringente, l’alchémille soutient le système urinaire lorsqu’il y a trop de liquides à gérer et pour les troubles associés comme les cystites ou les fuites d’urine dues à un manque de tonus. Elle soutient aussi le système digestif ; diarrhée, colites et autres troubles inflammatoires. Elle est, dans ces cas, souvent associée à d’autres plantes spécifiques.

L’alchémille est astringente, et vulnéraire, donc elle aide à guérir les plaies et l’inflammation, de la bouche et des gencives, des yeux, des oreilles, de la gorge, en interne, mais aussi en externe, directement sur le bobo, en compresse ou en bain.

L’infusion ou la teinture (macération dans l’alcool) sont deux façons parfaites de prendre la plante en interne. Une cuillérée à thé de plante sèche par tasse d’eau, infusée une quinzaine de minutes, trois tasses par jour au moins. Un millilitre de teinture, trois fois par jour ou suivre les indications de votre herboriste ou autre spécialiste. L’alchémille fleurira bientôt, j’ai trop hâte ! Elle est belle, douce et puissante ! 

Annie Rouleau, herboriste praticienne

annieaire@gmail.com

Références

Flora medicina école d’herboristerie, Materia Medica Ó2000 et 2009

The book of herbal wisdom, Matthew Wood, North Atlantic Books Ó1997

Médecine traditionnelle chinoise, plantes médicinales occidentales, Anne Vastel et Sylvie Chagnon, Guy Trédaniel éditeur Ó2020

Références internet

Alchimie

Étude In Vitro

Alchémille