Des drones dans les champs
Un texte de Organisme du bassin versant de baie Missisquoi
Paru dans le numéro Été/Summer 2026
Publié le : 31 mai 2026
Dernière mise à jour : 31 mai 2026
Du trèfle, semé par drones dans les champs de blé, protègera le sol et agira comme un rempart contre l’érosion et le ruissellement.

Le soleil brille à Saint-Armand en cette matinée du 4 avril 2026. L’air se radoucit. Les dernières traces de neige ont fondu il y a quelques jours à peine. Jonathan Robinson regarde son champ. Le dégel est une période critique pour les agriculteurs. Il faut éviter d’utiliser la machinerie lourde tant que le sol est encore gorgé d’eau, au risque de le compacter. Un sol compacté n’absorbe pas l’eau. Il est pauvre en oxygène et peu propice au développement des racines et de la vie microbienne.
Les drones qui remplacent les tracteurs
Cette année, cependant, Jonathan Robinson n’aura pas besoin d’attendre davantage pour entamer les travaux dans son champ. Il aura recours à un drone. Des semences de trèfle rouge seront bientôt dispersées parmi les jeunes pousses de blé semées à l’automne qui ont déjà pointé le bout de leur nez. Le blé sera prêt à être récolté en juillet. Le trèfle, quant à lui, restera au champ. Ses fleurs nourriront les abeilles. Ses racines amélioreront la structure du sol et les bactéries qu’elles abritent fixeront l’azote atmosphérique. Au printemps suivant, le trèfle sera incorporé dans le sol. Il y apportera cette matière organique cruciale pour la santé des sols.
Un couvert végétal aux nombreuses fonctions
Alors que vous lisez ces lignes, le trèfle semé par drone continue de pousser sur 400 hectares (l’équivalent de plus de 700 terrains de football) répartis entre une vingtaine d’entreprises agricoles de la région. Ce couvert végétal sera maintenu durant l’automne et l’hiver (culture de couverture). Il protègera le sol et agira comme un véritable rempart contre l’érosion et le ruissellement et contribuera ainsi à réduire les quantités de phosphore charriées jusque dans les cours d’eau et la baie Missisquoi.
Cette initiative est le fruit du travail de la Table de concertation agricole qui réunit des entreprises agricoles des syndicats de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de Brome-Missisquoi et du Haut-Richelieu et des intervenants de l’Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi (OBVBM). L’achat d’un drone, mais aussi d’un semoir intercalaire qui permettra d’implanter des cultures de couverture dans le maïs et le soja, a été financé par le budget du Plan d’action phosphore 2025-2026 de l’OBVBM. Cette initiative est prévue dans le cadre de la Stratégie québécoise de l’eau, qui déploie des mesures concrètes pour protéger, utiliser et gérer l’eau et les milieux aquatiques de façon responsable, intégrée et durable.
Julie Reinling, chargée de projet à l’OBVBM