L’école La Brimbalante 

Un texte de Denis Lord

Paru dans le numéro

La Brimbalante offre de la formation de créations de numéros, de la recherche et création, mais l’accent, en général, est mis sur la présence scénique.

La Brimbalante
Annab

Au printemps prendra corps un rêve caressé depuis longtemps par Annab Aubin-Thuot ; l’ouverture d’une école de clown. Celle-ci s’adresse tant aux praticiens qu’à ceux qui veulent explorer cet art. Les cours de l’école La Brimbalante prendront place au camp Garagona, à Frelighsburg, inspirés par une vision polymorphique et renouvelée de ce que peut être l’art clownesque au XXIe siècle, par-delà les idées convenues qui lui sont associées.

Par-delà les conventions

« Malgré une certaine montée de la popularité du genre, avance Annab Aubin-Thuot, directrice de La Brimbalante, le Québec est 20 ans en retard sur la pratique et la perception du clown. »

Pour Annab Aubin-Thuot, elle-même praticienne, le genre va beaucoup loin que l’image d’Épinal du personnage à nez rouge, avec une fleur et des gros souliers. Ce n’est pas que l’humour la rebute, assure-t-elle, mais il peut y avoir « de la finesse, du propos, une grande sensibilité ». 

Annab Aubin-Thuot évoque notamment la très riche tradition russe, Sol et d’autres artistes plus contemporains, qui ont peu à voir avec les vendeurs de frites grimés de rouge et de jaune, ou des animateurs de convention quelconque.

De la littérature au clown

Son propre parcours illustre de quels savoirs, sensibilités et talents peut se nourrir l’art clownesque. Miss Aubin-Thuot a fait des études en cinéma et lettres (elle détient une maîtrise dans ce domaine) pour ensuite pratiquer le spoken word et participer à des livres collectifs. Dans sa future pratique, elle retiendra du premier champ le costume et les accessoires, du second la poésie. « Mon approche du clown est très poétique, c’est de la poésie de chair, dit-elle. […] Les clowns parlent peu, mais ils créent des métaphores. »

Annab Aubin-Thuot affirme injecter de la profondeur dans son travail. « Je ne suis pas dans le divertissement », professe l’artiste connue sous le nom La Nab. Durant sa carrière, entre autres, elle fait de l’animation de rue au Québec et en Europe, participe à Montréal Complètement Cirque, crée et interprète le spectacle Où es-tu matière ?

La Brimbalante

Se faire le nez

Annab Aubin-Thuot est particulièrement fière de l’équipe qui la rejoint à La Brimbalante ; enseignants et membres du conseil d’administration. On y retrouve des clowns confirmés, mais aussi des artistes professionnels qui enseigneront d’autres pratiques scéniques. Dès la fin mai, les cours commenceront sous trois modèles. La dénomination laisse à penser que malgré tout, comme la pomme qui ne tombe jamais loin de l’arbre, l’appendice olfactif reste toujours rapproché de l’amuseur : nez-closion, pour débutants ou intermédiaires ; nez-norme, formation d’un mois pour artistes avancés ; nez-chantillon, enfin, formations dans des disciplines scéniques diverses telles la marionnette, l’acrobatie et tutti quanti.

Se réapproprier ses sens

Les formations pour débutants ne s’adressent pas qu’à celles et ceux qui voudraient faire carrière dans ce créneau. « Ça va au-delà de devenir artiste, explique la directrice de La Brimbalante. On s’intéresse à la nature humaine. Ça s’adresse à ceux qui veulent se réapproprier leurs sens, l’autodérision, se sentir vivant, peut-être. »

La Brimbalante offrira de la formation de créations de numéros, de la recherche et création. Mais en général, l’accent sera mis sur la présence scénique. Le travail de clown a ceci de spécifique qu’il est, relève Annab Aubin-Thuot, transparent dans le présent. « Il n’y a pas d’ailleurs imaginaire, précise-t-elle. On est avec le public, en interaction par l’improvisation. Si quelqu’un éternue, si quelqu’un pleure, tu peux récupérer ça. Il faut être au présent et rebondir. »

La première formation (nez-closion, cohorte débutant) commence le 23 mai. L’inscription se fait en continu. Il y a possibilité d’hébergement pour les gens qui ne sont pas de la région. 

Pour plus d’informations, consultez www.brimbalante.com.

Denis Lord