Les liens du sang

Un texte de Geneviève Hébert

Paru dans le numéro

Dans Les liens du sang, on suit la quête d’autonomie et d’identité de trois jeunes personnages en 1974. Les antécédents familiaux de chacun teintent leurs personnalités, leurs relations, leurs choix.

Anne-Marie Desbiens

Je vous avais parlé de l’autrice dunhamienne Anne-Marie Desbiens à l’hiver 2019. Elle venait de publier son deuxième roman, La femme de personne, un an après La jeune fille du rang. Écoulés à 4 500 et à 8 000 exemplaires respectivement, tous deux sont des best-sellers au Québec, ayant dépassé la barre des 3 000 livres vendus.

Sans surprise, Les liens du sang aborde des relations familiales complexes, qu’Anne-Marie Desbiens dépeint avec finesse. On y retrouve les membres de la famille présents dans les deux premiers romans, mais les projecteurs se braquent sur trois d’entre eux, issus de la dernière génération. Le personnage central, Christine, se voue à une carrière de danseuse au sein des Grands Ballets Canadiens. Son cousin Mathias, fils illégitime de sa tante, rêve d’un projet agricole à échelle humaine alors que l’industrialisation des fermes est à son apogée. Un autre cousin, Omer, cherche désespérément la gloire dans le crime. 

On y suit leur quête d’autonomie et d’identité. Les antécédents familiaux de chacun teintent leurs personnalités, leurs relations, leurs choix. Trois destins qui se jouent de Montréal à Québec, de l’Estrie au Bas-St-Laurent, avec, en trame de fond, la musique québécoise des années 1970 où tout était possible. 

Bien que ce dernier opus s’installe dans une lignée chronologique avec les deux livres précédents, les trois œuvres peuvent être lues dans le désordre. Chacune donne de la profondeur aux autres. Et la fin de ce dernier roman ouvre assurément la porte à une suite. 

Geneviève Hébert