Quoi faire de nos déchets?

Un texte de Marc-André Blain

Paru dans le numéro

Il est possible individuellement de mettre la main à la pâte et de diminuer notre apport de matières résiduelles. Notre ville et notre région regorgent de ressources et de commerces où l’on peut se procurer des produits et marchandises en vrac ou de sites où l’on peut déposer certaines matières pour la récupération.

RRRRR!

Réemploi  Réduction  Refus  Récupération  Recyclage…

D’entrée de jeu, affrontons le constat : le Québec rejette encore 17 000 tonnes de déchets PAR JOUR dans ses sites d’enfouissement selon les données les plus récentes, soit un Stade olympique de Montréal rempli à ras bord tous les 55 jours quand on fait le calcul ! Maintenant, que peut-on faire pour réduire la portée de cette hécatombe — changer nos habitudes bien sûr, mais par où commencer ?

Qu’on le veuille ou non, notre quotidien de consommateur génère son lot de rejets. On s’alimente, on s’abrite, on se vêt, on se déplace, on se distrait, etc. Toutes ces activités produisent à divers degrés des résidus. Nous pouvons en déposer un certain nombre dans notre bac bleu avec l’espoir et la bonne conscience de les savoir réintégrées dans la chaîne, mais qu’en est-il vraiment ? Notre exutoire bleu est-il aussi bleu que le ciel ? En fait, il est dans la catégorie ciel très variable. Dans un premier temps, mettons les pendules à l’heure : récupérer ne signifie malheureusement pas toujours recycler…

D’un centre de tri à l’autre

Les centres de tri québécois sont des entreprises privées indépendantes décidant elles-mêmes des procédés et technologies qu’elles emploient et ayant généralement comme client principal la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles (RIGMR). Ces centres sont rétribués au volume et selon des critères de performance (recyclage vs enfouissement).

Tous n’acceptent pas les mêmes matières, ce qui alimente beaucoup la confusion de la population. Par exemple, le centre de tri de Granby accepte volontiers de petits appareils électriques non réparables dans le bac bleu ; ayant sur place une équipe de personnes démantelant les appareils et récupérant les composantes plastiques, métalliques ou autres matières trouvant preneurs dans l’industrie. Par contre, son processus de tri laisse passer à travers ses filets presque tous les objets de moins de 5 cm, donc les fioles de médicament, bouchons de plastique, petits contenants de toutes sortes, qui se retrouvent malheureusement enfouis… Il faut avoir visité un centre de tri pour comprendre et apprendre à bien récupérer, car souvent les consignes aux citoyens ne sont pas très claires et varient d’une région à l’autre.

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Ferrailleurs-recycleurs et ouvrage bâti

C’est donc toujours une bonne idée de trier et de mettre de côté certaines matières avant de les mettre à la récupération, car certaines peuvent prendre une route alternative, par exemple : le métal (fer, acier, cuivre, alu, tôle, clous, vis, ferrures, boîtes de conserve, capsules de bouteilles) est bienvenu chez les ferrailleurs-recycleurs de métal qui vous offriront même quelques dollars pour votre trésor. Lorsqu’il est choisi de supprimer un ouvrage bâti, pensez davantage à débâtir plutôt qu’à démolir. C’est un peu plus long, mais ça permet de donner une deuxième vie à de nombreux matériaux qui trouvent facilement preneurs (bois de charpente, contreplaqué, revêtements, portes et fenêtres, etc.) en les offrant sur les réseaux sociaux locaux.

Deuxième vie ET RÉCUP

De très nombreux articles et objets usuels se réincarnent grâce à la page Facebook Sutton Ami. Les bouchons en liège trouvent généralement preneurs dans les écoles, CPE et garderies pour le bricolage. Les contenants de styromousse peuvent être mis de côté et recyclés dans notre région (voir encadré ci-contre) ; les piles usagées peuvent être déposées à l’Hôtel de Ville, les médicaments et produits de santé périmés peuvent être déposés à la pharmacie. Avant de jeter des vêtements ou chaussures, pensez à les offrir aux centres d’entraide ou friperies.

Écocentre

Et c’est sans compter tout ce qui doit rouler sa bosse vers l’écocentre, soit les résidus domestiques dangereux et RDD, pneus, agrégats, ampoules, appareils électroniques, débris de construction, vêtements inutilisables et matières textiles. Finalement, lorsque vous déposez un encombrant au bord du chemin, prenez le temps d’évaluer s’il ne trouverait pas preneur pour une deuxième vie. L’ensemble de ces petits gestes procurent une cure de minceur à notre grand bleu et évitent d’encombrer le site d’enfouissement. 

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Regroupement des petits objets et autres

Une fois ce premier tri effectué, il faut se rappeler que de nombreux petits objets comme les capsules de plastique, petits couvercles et très petits récipients doivent être regroupés dans un sac de plastique pour trouver leur chemin vers l’industrie du recyclage du plastique ; certaines autres matières gagnent aussi à être regroupées dans un sac noué ou fermé. Les plastiques souples comme les sacs, emballages et pellicules plastiques peuvent être facilement tassés dans un sac plastique noué et déposés ; tandis que le papier (feuillets, journaux, cartons, etc.) devrait être rassemblé dans un sac en papier de même que le produit des déchiqueteuses.

Propreté des matières et verre

Lorsqu’on dépose des matières au bac bleu, la règle de base est qu’ils soient propres, rincés ou lavés, libres de tout résidu ou souillure qui pourrait en diminuer la valeur ou contaminer d’autres matières. Il faut éviter de déposer nos contenants de verres et bouteilles dans le bac bleu. Le procédé actuel de récupération pêle-mêle pressé dans un camion à ordure brise souvent le matériau et contamine les autres matières ; de plus, le verre trié à la RIGMR sert d’agrégat dans les sites d’enfouissement, une fin de vie bien ingrate pour une matière de si haute valeur. À Sutton, nous pouvons tirer profit de la présence d’un conteneur de récupération pour le verre ; son contenu est acheminé vers un centre spécialisé dans le tri et le recyclage du verre pour lui offrir une deuxième vie.

Suremballage

Le suremballage est assurément une des principales causes de bien des maux. D’innombrables produits d’usage quotidien sont malheureusement offerts dans des emballages superflus qui non seulement requièrent de précieuses matières premières, mais nécessitent qu’on les traite à nouveau inutilement. Pourquoi un tube de dentifrice dans une boîte, une bouteille d’alcool dans un tube, ou un outil offert dans un plastique thermoformé presque impénétrable ?

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Produits en vrac

Il est presque impossible d’éviter complètement de tels emballages, mais nos choix judicieux finissent toujours par influencer les fabricants, distributeurs et marchands. Il est possible de déjouer un peu l’industrie de l’emballage en achetant certains produits en vrac. De nombreux produits alimentaires le sont, surtout les produits secs tels que pâtes, céréales, semoules, riz, thé, farines et articles de cuisine de base ; sans compter les huiles et autres produits liquides. Côté hygiène, produits corporels et produits d’entretien ménagers, presque toutes les marchandises se trouvent maintenant en vrac, sans que nous ayons à nous défaire ensuite d’un nouveau contenant encombrant. De plus, la plupart des produits nettoyants offerts en vrac sont libres de phosphates qui nuisent à nos cours d’eau.

Matières organiques

Près de 60 % des déchets prenant la route des sites d’enfouissement sont des matières organiques qui ne devraient pas se retrouver là. Nous avons la chance de vivre dans une région où la RIGMR collecte ces matières pour en produire ultimement du compost. Beaucoup de nos autres matières résiduelles ne profitent toutefois pas de ce karma de réincarnation. Bien sûr, l’utilisation du bac brun peut très bien se conjuguer avec le coin compostage du fond de sa cour où l’on ne doit cependant pas déposer de résidus de viandes, poissons, produits gras et sucrés, papiers et cartons souillés d’aliments ni de mauvaises herbes en graines, alors que c’est possible dans les bacs bruns. De plus, le bac brun est plus pratique que le compostage domestique l’hiver venu.

En résumé, au chapitre des matières résiduelles, on doit chercher à diminuer son empreinte environnementale en produisant moins de rejets, donc en diminuant si possible nos achats, mais surtout en effectuant des achats plus réfléchis. Un bon réflexe à développer avant d’acquérir un bien est de se poser deux ou trois questions, comme : en ai-je vraiment besoin (parfois poser la question c’est y répondre…) ? Pourrais-je louer ou emprunter au besoin cet objet ? Pourrais-je faire faire du troc avec des connaissances ? Un bon réflexe est aussi de penser à réparer des objets plutôt qu’à les remplacer. Ceci est vrai tant pour les vêtements, appareils électroniques, électroménagers, etc.

Il est possible individuellement de mettre la main à la pâte et de diminuer notre apport de matières résiduelles. Notre ville et notre région regorgent de ressources et de commerces où l’on peut se procurer des produits et marchandises en vrac ou de sites où l’on peut déposer certaines matières pour la récupération. Voir ci-dessous une liste des principales ressources.

Marc-André Blain

Liste des ressources régionales

RÉCUPÉRATION/RECYCLAGE/RÉPARATION

Écocentre

MRC de Brome-Missisquoi, Cowansville

Métaux

Métal Bourque, Brigham

Styromousse

NexKemia, Mansonville

Piles

BMR et Hôtel de Ville de Sutton

Réparation de petits électroménagers

Rasoir et compagnie, Cowansville

Jean-Marc Bélanger, réparateur d’électroménagers

MRP Services de réparation d’électroménagers

Électropièces Cowansville

Réparation de vêtements

Isabelle Baron — couturière d’idées

ACHATS

Produits nettoyants domestiques en vrac et autres

Au Naturel, Sutton

L’Épicerie Futée, Bromont

La Fabrique artisanale, Dunham

La Goutte d’Or, Cowansville

Michael Zayat, Bromont (huiles essentielles, etc.)

Ölalavert, Lac-Brome

Pharmacie Brunet Samuel Desjardins, Sutton

Produits corporels, naturels et locaux (vrac et plus)

Les 3 Acres, Dunham

Oneka, Frelighsburg

Passion Herbale, Bromont

Rachelle-Béry, Cowansville

Alimentaire (vrac)

Au Naturel, Sutton

Autocueillette

Coopérative Le terroir solidaire

Épicerie Futée, Bromont

Fermiers de familles (Équiterre)

Fruits et légumes Alban Houle, Sutton

Kiosques en libre-service

La Goutte d’Or, Cowansville

La Rumeur Affamée de Sutton (huile d’olive)

Marchés publics

Verveine et Cie, Cowansville

Vrac dans l’Sac, Bedford

Alcool, thé et café

Le Cafetier, Sutton

Le Comptoir du Marchand de Thé, Sutton

Vignobles, microbrasseries et cidreries

Yamabiko Coffee Roasters, Sutton

Vêtements

Atelier de RÉCUP, Cowansville

Coffre aux Trésors, Cowansville

Friperie Karma, Knowlton

Créations Multi-Look, Cowansville

On va s’aimer encore, Sutton

Le Chiffonnier, Farnham

Les Boules, Mites, Cowansville

Maé & Max, Bedford

Minis & Mlle, Bromont

Mode Vintage Sutton

Pompeo’s Shoppe, Bedford

Sous-sols d’église (Sutton, Abercorn, Cowansville)

Groupes environnementaux de Brome-Missisquoi

À Sutton, on jardine !

Solidarité Environnement Sutton (SES)

Tendre vers le Zéro déchet Cowansville

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