réchauffement climatique

Un printemps contrasté

 

[ÉTÉ 2020]

Par Anthoni Barbe, Organisme de bassin versant de la baie Missisquoi (OBVBM)

La rivière Missisquoi au pied du mont Brock couvert de neige fraîche le 12 mai dernier à Glen Sutton (Source OBVBM).

Cette année, le sud du Québec a connu un printemps marqué par la fonte rapide de la neige, puis des températures sous les normales de saisons qui ont ramené épisodiquement de la neige jusqu’en mai, pour terminer le mois avec la canicule la plus précoce de notre histoire. La région de Sutton n’aura pas fait exception avec ses montagnes enneigées jusqu’à la mi-mai, suivi d’une interdiction de faire des feux à cause du temps sec.

Il semble toutefois que des printemps comme cette année, à la fois précoces et extrêmes, vont devenir la norme d’année en année. Le réchauffement climatique devrait en effet favoriser des hivers plus courts, avec une augmentation des cycles gel-dégel. Pour les rivières et ruisseaux s’écoulant dans la région, cela implique beaucoup de changements.

La crue printanière… en hiver !

À Sutton au mois de mars, les normales de saison nous ont habitués à plus de neige (52 cm en moyenne) que de pluie (41 mm en moyenne). Cette année, c’est plutôt 98 mm de pluie qui est tombée dans la région pour un maigre 12 cm de neige. Le résultat est donc que la crue associée à la fonte des neiges a eu lieu vers la mi-mars au lieu d’être pendant le mois d’avril. Les prévisions climatiques prévoient que ce décalage de la crue sera de plus en plus fréquent.

Une adaptation pour tous

Un tel changement dans le régime des rivières peut entraîner divers enjeux, notamment en matière d’approvisionnement en eau. Par exemple, même si la crue est plus tôt, l’activité agricole ne peut pas forcément démarrer plus rapidement en raison du risque de gel qui reste bien présent, comme la première semaine de juin nous l’a bien rappelé. Cela implique que le risque de vivre des périodes de sécheresse dès le début des travaux aux champs augmente.

La faune et la flore devront aussi s’adapter, ou disparaître. Le risque est bien réel pour certaines espèces, comme pour la fougère Thélyptère simulatrice qui a une de ses seules occurrences du Québec dans la région de Sutton. Le danger vient aussi des espèces envahissantes qui profitent bien souvent des nouvelles conditions météorologiques.

Les montagnes, un avantage pour l’approvisionnement en eau

À l’échelle de l’ensemble de la région, le territoire de Sutton est parmi les plus arrosés. Ceci s’explique principalement par la topographie du territoire. Le chaînon des Montagnes Vertes, au cœur duquel se blottit le territoire de Sutton, crée une barrière naturelle retenant les nuages et favorisant les précipitations.

C’est ainsi que le 12 mai dernier, les habitants de Sutton et des environs ont pu admirer leurs montagnes couvertes de neige à partir d’environ 400 mètres d’altitude. Cela a permis de réduire localement le risque d’incendie, tout en assurant un futur apport en eau pour les rivières naissant sur les contreforts de ces montagnes.

Une année témoin ?

Le printemps 2020 semble nous donner un bon aperçu des nouvelles normes climatiques qui sont en train de s’installer. Les météorologues nous prédisent déjà un été très chaud, ce qui devrait contribuer à réduire le débit des cours d’eau, continuant peut-être à faire de cette année une année annonciatrice des changements qui nous attendent dans les prochaines décennies.

 

 

Le réchauffement climatique s'est fait sentir ce printemps

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