Rein Moral

 

[ÉTÉ 2017]

Par Annie Rouleau

 

Force de joie

Paix assise

Forêt compacte

Arôme déité

Contre ombres

Vieille flamme

L’essence tonique

En corps mieux

 

Ces mots équivoques, nés de la plume de mon amie Mylou Sauvage, sont comme la plante du jour, le romarin, Rosmarinus officinalis. Plante d’hiver, de situations froides où le corps a du mal à garder ou à fabriquer sa chaleur. Plante de frileux pâlot aux mains et pieds gelés, d’enfant chétif, lunatique. Plante d’aïeule aux doigts noueux et aux genoux douloureux, sujette à l’oubli et aux petites absences de l’instant présent. Il offre à nos âmes nord-américaines un souffle de la méditerranée.

 

Romarin

Le romarin réduit la fragilité des capillaires, ce qui le rend fort utile pour le soin des varices et pour le soulagement des douleurs causées par les vaisseaux obstrués. Il est traditionnellement utilisé comme tonique cardiaque et pour le traitement de l’hypotension, surtout lorsque ces situations sont liées à des faiblesses, de l’épuisement, des étourdissements et des troubles de concentration.

 

Comme le Ginkgo biloba, le romarin est un grand allié du cerveau et de ses petits vaisseaux sanguins. Pour la mémoire et la concentration, l’acuité mentale, la vue. Il pousse le sang aux confins du corps humain.

 

En usage externe, le romarin peut être appliqué en compresse1 sur les reins pour réchauffer, sur les entorses et les foulures, les rhumatismes et l’arthrite. Il provoque alors un afflux sanguin à la surface, apportant un extra d’oxygène et facilitant l’élimination des toxines et de l’inflammation.

 

La plante est très riche en huiles essentielles. On trouve sur le marché principalement trois d’entre elles, soit celles à plus forte teneur en camphre, en verbénone et en cinéole, chacune ayant ses spécificités.

 

L’huile essentielle de romarin à camphre est efficace pour les crampes, spasmes, courbatures, douleurs des articulations. Elle agit comme décontractant musculaire.

 

Celle à verbénone est surtout indiquée pour son effet antiseptique cutané ; acné, peau grasse et petites blessures. Elle stimule aussi le foie et la vésicule biliaire. Ajoutée au shampoing ou utilisée en rince, elle tonifie et assainie le cuir chevelu.

 

Celle à cinéole, quant à elle, agit davantage sur les troubles respiratoires avec surproduction de mucus au niveau des sinus, bronches et poumons.

 

Pour les peaux sensibles, il est préférable d’appliquer les huiles essentielles mélangées à un peu d’huile neutre. Toutes les merveilleuses actions des huiles essentielles extraites se retrouvent dans la plante entière lorsque prise en infusion ou en teinture.

 

Pour le système digestif, le romarin améliore la sécrétion de la bile et la digestion. Aussi, comme grosso modo toutes les plantes aromatiques et comme les lamiacées en général, il est hyper antibactérien, aidant ainsi au maintien ou au rétablissement d’une saine flore intestinale. Les muqueuses et les flores du corps étant toutes très similaires, le romarin agit donc sur celles de la bouche, du vagin, du système respiratoire, de la peau. Pour les infections de la bouche, gencives et dents et pour les maux de gorge, utiliser entre autres en gargarisme.

 

Pour la grippe, le rhume, la bronchite et autres infections respiratoires (sinusite, etc.), le romarin décongestionne et soulage. En infusion, teinture, inhalation, miel infusé, etc. Comme ces huiles essentielles sont antispasmodiques, il peut aider à soulager les crises d’asthme.

 

Pour les infections vaginales, bactériennes ou à levure, en douche si vous êtes adeptes, en bain pour les moins ferventes. Préparer une forte infusion ajoutée à l’eau du bain ou dans une bassine pour un soin plus local. Toujours en bain et pour revenir un peu sur les indications précédemment nommées : basse pression, épuisement, douleurs musculaires et articulaires, pour les maux de tête aussi.

Carnosol

 

Un autre élément fort important du romarin apporté par d’autres composants phytochimiques présents dans la plante, soit des diterpènes tricycliques nommés acides carnosolique et carnosol – molécules fort jolies quant à leur structure et on ne peut plus médicinales quant à leur action – le romarin fait partie des grands antioxydants du règne végétal. Grâce à celles-ci et à d’autres composants phytochimiques, il protège les cellules, notamment celles du foie, du cerveau, des yeux.

 

À ce titre et suite aux études réalisées à ce jour, le romarin et ses composants peuvent potentiellement entrer dans les protocoles de prévention et de traitement de cancers. Je dis potentiellement parce qu’il est d’usage d’être frileux quant aux allégations, même si nos ancêtres soignaient d’ores et déjà les mêmes maux qu’aujourd’hui avec les mêmes plantes. La compréhension de la santé, de la maladie et de la guérison ne relève que partiellement des avancées scientifiques.

 

Un moyen agréable pour qui veut prendre du romarin est de le boire en infusion matinale. Comme il est stimulant, il fera office de réveil matin. Pour cette même raison, l’infusion prise le soir risque fort de nuire au sommeil. Autrement, le romarin n’est déconseillé, en usage interne, que durant la grossesse et pour les gens sujets à l’hypertension. Consultez votre herboriste !

 

 

Annie Rouleau

Herboriste praticienne, annieaire@gmail.com

 

1 pour faire des compresses, il suffit de préparer une infusion assez forte de plante, c.-à-d. une bonne cuillérée à thé de plante par tasse d’eau infusée 5 à 10 minutes, laisser tiédir puis appliquer sur la zone affectée à l’aide d’une débarbouillette imbibée.

Les multiples usages du romarin par Annie Rouleau, herboriste

Santé

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